Un jour, j'irai là bas. Un jour, je serai libre. L'odeur du café le matin enivrera mes sens, et je me leverai heureuse. Les murs de ma chambres seront peints en bleu, un bouquet de tournesols dans un vase en terre cuite, posé sur le rebord de la fenetre. Le vent sera mon compagon, et s'engouffrera dans ma maison sans y avoir été invité. Il s'amusera dans les grands rideaux blancs, et jouera avec mes toiles. Un petit escalier en pierre, chauffé par le soleil descendra jusqu'a la plage, et j'enfoncerai mes orteils dans le sable, cherchant quelques jolis coquillages. La mer sera bleu foncé, parfois en colère, lorsqu'il y aura de l'orage. Je verrai alors les eclairs rebondir sur les vagues et j'imaginerai les poissons, cachés dans les algues, attendant que tout se calme. Je resterai sur une chaise à l'exterieur, pour sentir la pluie. L'apres midi, j'irai faire du bateau, et je mallongerai sur la coque, pour pouvoir mettre ma main dans l'eau. Je fumerai une cigarette dans mon jardin, assise sur la vieille balançoire près du cerisier, d'où je pourrai voir le phare.
Mes couloirs sentiront l'acrylique. Je pourrai fermer les yeux et m'imaginer ma vie d'avant. Je me mettrai a rire, et ecouterai un album des Beatles. Parfois, je jouerai du saxophone, adossée au seul arbre de la falaise, mes pieds dans le vide. J'aurai le ciel pour moi toute seule, et je parlerai aux étoiles. La lune sera plus grande. Les rubans que j'aurais accroché aux poutres de la maison seront de toutes les couleurs. Je vivrai de musique. Je serai vieille. Je n'aurai finalement plus de rêves, je n'aurai enfin plus de souvenirs.
Rêve d'une nuit d'été.